Fulham 1975 : L’Épopée d’un Club de Deuxième Division Jusqu’à Wembley

Le parcours légendaire des Cottagers en FA Cup, porté par Bobby Moore et Alan Mullery


Certaines histoires du football anglais méritent d’être racontées encore et encore. Celle de Fulham en 1975 est de celles-là : un club de deuxième division, mené par deux légendes en fin de carrière, qui va défier les pronostics et atteindre la finale de la plus vieille compétition de football au monde. Une aventure en 12 matchs, un record absolu, qui se terminera sous les célèbres Twin Towers de Wembley face à… West Ham United, l’ancien club de Bobby Moore.

L'équipe de Fulham en finale de FA Cup 1975

Le contexte : un club modeste aux ambitions retrouvées

En 1975, Fulham n’est pas un géant du football anglais. Le club de Craven Cottage évolue en Second Division depuis plusieurs saisons, loin des sommets qu’il a pu connaître dans les années 1950-60 avec Johnny Haynes. Mais depuis l’arrivée d’Alec Stock au poste de manager en 1972, quelque chose a changé dans le sud-ouest de Londres.

Stock est un personnage du football anglais. À 57 ans, il a déjà tout connu : la gloire avec Queens Park Rangers qu’il a mené en First Division et jusqu’à la victoire en League Cup en 1967, mais aussi les désillusions. Homme de caractère, fin tacticien et excellent meneur d’hommes, il va construire à Fulham une équipe à son image : combative, expérimentée et dotée d’un mental d’acier.

Son coup de maître ? Avoir convaincu Alan Mullery de rejoindre le club en 1974, puis d’attirer Bobby Moore quelques mois plus tard. Deux anciens capitaines de l’équipe d’Angleterre, 108 sélections à eux deux, réunis sous le même maillot blanc et noir de Fulham. Le football anglais n’en croyait pas ses yeux.

Bobby Moore à Fulham : la fin d’une époque

Quand Bobby Moore quitte West Ham en mars 1974, c’est un séisme dans le football anglais. Le capitaine de la Coupe du Monde 1966, l’homme qui a soulevé le trophée Jules Rimet devant la Reine à Wembley, l’icône absolue des Hammers après plus de 600 matchs, rejoint… Fulham. Un club de deuxième division.

Moore a 33 ans. Ses jambes ne sont plus ce qu’elles étaient, mais son intelligence de jeu reste intacte. Son positionnement, son sens de l’anticipation, sa lecture du jeu demeurent exceptionnels. À Craven Cottage, il retrouve son ancien coéquipier en sélection Alan Mullery, et ensemble, ils vont insuffler à cette équipe de Fulham un supplément d’âme.

Comme le dira plus tard un supporter présent à Wembley : « C’était extraordinaire de le voir jouer. Bobby était incroyablement calme parce que son sens du placement était si extraordinaire. La seule fois où tu remarquais qu’il y avait un problème, c’était quand il accélérait. Si Bobby Moore sprinte, c’est qu’il y a urgence — et ça n’arrivait jamais. »

Le parcours : 12 matchs pour écrire l’histoire

Le tirage au sort du troisième tour de la FA Cup 1974-75 envoie Fulham à domicile contre Hull City. Un match qui semble abordable. Personne n’imagine alors que les Cottagers vont disputer 12 rencontres avant d’atteindre la finale — un record dans l’histoire de la compétition.

Troisième tour : Hull City (3 matchs)

Le premier match à Craven Cottage se termine sur un score de 1-1. Replay à Boothferry Park : encore un match nul, 2-2 cette fois. Il faut un troisième match, sur terrain neutre à Filbert Street (Leicester), pour que Fulham s’impose enfin 1-0. Trois matchs pour éliminer un club de deuxième division. L’aventure commence de manière laborieuse.

Quatrième tour : Nottingham Forest (4 matchs)

Si Hull City avait été difficile, Nottingham Forest va être un cauchemar. Le premier match à Craven Cottage : 0-0. Le replay au City Ground : 1-1. Deuxième replay à Craven Cottage : encore 1-1. Il faut un quatrième match, de nouveau au City Ground, pour que Fulham arrache enfin la qualification (2-1) grâce à un doublé de Viv Busby, l’attaquant prolifique des Cottagers.

Busby, 25 ans, vit la saison de sa vie. Arrivé de Luton Town en 1973, il va inscrire 18 buts cette saison dont 6 en FA Cup. Le sélectionneur anglais Don Revie envisage même de le convoquer en équipe nationale. Il forme avec John Mitchell un duo d’attaque redoutable qui va porter Fulham tout au long de ce parcours.

Cinquième tour : Everton (1 match)

Après sept matchs éreintants, Fulham hérite d’un déplacement à Goodison Park pour affronter Everton, alors leader de la First Division. Le scénario semble écrit d’avance : les Toffees vont écraser ce club de D2 fatigué par ses nombreux replays.

Sauf que le football anglais ne fonctionne pas comme ça. Surtout pas la FA Cup.

Fulham réalise l’exploit et s’impose 2-1 chez le leader du championnat. Viv Busby est encore décisif. Les Cottagers viennent d’éliminer leur premier club de première division du parcours. Et pas n’importe lequel.

Sixième tour : Carlisle United (1 match)

Le tirage au sort sourit enfin à Fulham… ou presque. Les Cottagers doivent se déplacer à Brunton Park, dans le nord de l’Angleterre, pour affronter Carlisle United. Un long voyage pour les supporters, partis à 4 ou 5 heures du matin pour rallier le Cumbria.

Les joueurs, eux, prennent le train avec les fans. Une ambiance bon enfant, typique de cette époque du football anglais où la proximité entre joueurs et supporters était naturelle. Alec Stock signe des autographes dans les wagons.

Sur le terrain, Fulham fait le travail : victoire 1-0 grâce à Les Barrett. Les Cottagers sont en demi-finale de la FA Cup pour la première fois depuis 1962.

Demi-finale : Birmingham City (2 matchs)

Hillsborough, Sheffield. 55 000 spectateurs. Birmingham City, avec dans ses rangs des joueurs comme Trevor Francis, Kenny Burns et Howard Kendall, fait figure de favori. Mais Fulham n’est plus une équipe comme les autres.

John Mitchell ouvre le score d’une volée splendide depuis l’entrée de la surface, déclenchant l’euphorie des supporters présents derrière le but de Leppings Lane. Birmingham égalise et le match se termine 1-1.

Le replay a lieu à Maine Road, Manchester. Un match étouffant, tendu, sans but jusqu’à la prolongation. Et puis, dans les dernières secondes du temps additionnel, Alan Slough envoie un long ballon dans la surface. John Dowie dévie de la tête vers le but, Mitchell se jette et pousse le ballon qui revient sur lui avant de franchir la ligne.

Fulham est en finale de la FA Cup. Pour la première et unique fois de son histoire.

La finale : le rendez-vous avec le destin

3 mai 1975. Wembley Stadium. 100 000 spectateurs sous le soleil londonien. Fulham contre West Ham United. Bobby Moore contre son ancien club.

L’ironie du sort est cruelle. Moore a quitté West Ham dans des circonstances difficiles, poussé vers la sortie par Ron Greenwood après 16 ans de loyaux services. Et voilà qu’il retrouve les Hammers en finale de FA Cup, dans le stade où il a soulevé le trophée en 1964 et la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe en 1965.

Pour les neutres, le scénario rêvé est une victoire de Moore et Fulham. Le conte de fées parfait.

Alec Stock aligne son équipe de confiance : Mellor dans les buts, Cutbush et Fraser sur les côtés, Moore et Lacy en défense centrale, Mullery au milieu aux côtés de Conway et Slough, puis Barrett, Mitchell et Busby devant.

Face à eux, West Ham présente une équipe solide menée par Billy Bonds et Trevor Brooking, avec dans les cages Mervyn Day, 19 ans, plus jeune gardien de l’histoire en finale de FA Cup.

Le match : la fin du rêve

La première mi-temps est équilibrée. Moore est impérial, lisant le jeu avec une facilité déconcertante malgré ses 34 ans. Fulham tient tête aux Hammers, qui peinent à se créer des occasions franches. Mullery contrôle le milieu de terrain avec l’autorité qu’on lui connaît.

À la mi-temps, le score est de 0-0. John Lyall, le jeune manager de West Ham (neuf mois seulement à ce poste), dit à ses joueurs : « Continuez ce que vous faites. »

Mais à la 60e minute, tout bascule. Billy Jennings frappe, Peter Mellor repousse… dans les pieds d’Alan Taylor qui ne se fait pas prier. 1-0 West Ham.

Quatre minutes plus tard, Graham Paddon tente sa chance. Mellor ne capte pas le ballon, il lui échappe des mains. Taylor est encore là, à l’affût, pour pousser le ballon au fond. 2-0.

Le rêve de Fulham s’effondre en quatre minutes. La fatigue de 12 matchs, le poids de l’événement, peut-être aussi la pression d’un rendez-vous historique… Les Cottagers ne reviendront pas.

Au coup de sifflet final, les joueurs de West Ham se précipitent vers Bobby Moore pour l’enlacer. Billy Bonds, avant de monter les marches pour soulever le trophée, prend le temps de réconforter son ami et ancien coéquipier.

C’est le dernier match de Bobby Moore à Wembley. Sa 47e apparition sous les Twin Towers.

L’héritage : une aventure jamais égalée

Fulham n’a jamais rejoué de finale de FA Cup depuis 1975. Ce parcours de 12 matchs reste un record dans l’histoire de la compétition — un record qui ne sera jamais battu maintenant que les tirs au but ont remplacé les replays à répétition.

Alec Stock a résumé la finale avec son flegme habituel : « Un match un peu fade. On n’a pas très bien joué. Mais on a mérité notre place à Wembley par notre persévérance. »

Cette aventure a marqué toute une génération de supporters de Fulham. 50 ans plus tard, ceux qui étaient présents à Wembley ce jour-là s’en souviennent comme si c’était hier. Le voyage en train avec les joueurs vers Carlisle. Le but de Mitchell contre Birmingham. L’émotion de voir Bobby Moore en blanc et noir face à son ancien club.

Le maillot blanc de Fulham 1975, avec son col caractéristique de l’époque, reste l’un des plus emblématiques de l’histoire du club. Un symbole de cette épopée improbable, de ce moment où un club de deuxième division a tutoyé les étoiles.


Fulham 1975 Finale FA Cup

79,00 

CARACTÉRISTIQUES

Composition : 100% coton

Détails : Col en V, manches courtes, écusson brodé, coupe regular fit

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